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 Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]

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MessageSujet: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeDim 14 Juin - 19:26

Une intense lumière immaculée , puis soudain …


    La pierre … dure, humide et froide collait à la joue du quatrième siège. Myria crachotait violemment, étalant son liquide vital autour d’elle, en une marre sanglante couleur grenat. Recroquevillée sur le sol, au milieu d’une ancienne abbaye en ruines, la jeune femme luttait contre l’insensible et douloureuse mort qui la guettait dans l’ombre du désespoir. Allongée sur son flanc droit, elle avait ramené ses genoux contre son ventre. Sa tête ballottante reposait sur son bras droit, ce dernier à même le sol accompagnait sa pâle et fine main qui trempait dans un tas de poussière millénaire …
    Elle susurrait inlassablement, remuant la poussière grisâtre sans cesse, humectant ses lèvres craquelées sur lesquelles perlaient des gouttes de sang, des perles rubis, des perles rares …

    - Kataomoi … reviens-moi … pardonne-moi …

    De ses yeux bleus translucides, s’écoulaient des larmes de tristesse et d’humiliation. Le combat contre ce Hollow avait été rude, mais pas au point de la pousser vers le précipice, à la bordure étroite du néant. Quelques minutes auparavant, ses dagues jumelles voyaient leur éclat faiblir, alors que leur porteuse hurlait sa soif de sang et de vengeance … ce fut probablement à cause de cette erreur ultime, que sa force l’avait quittée au beau milieu de l’affrontement.

    ~ Flash back ~

    Une plainte déchirante s’était élevée de nulepart … Kerayji eut cru qu’il s’agissait de son adversaire, or ce fut bien Kataomoi, l’émetteur de ce cri infâme et assourdi.

    " Oublie le pouvoir … Tu ne sais plus qui tu es … ni pourquoi tu combats … "

    Ces quelques mots résonnaient, cristallins dans l’esprit du quatrième siège, la troublant au plus profond de son être, elle en fut convaincue dans l’instant, ses lames lui parlaient … le Hollow profita de ce moment d’absence mentale pour lui asséner un violent coup de griffes dans le dos … s’écrasant contre un mur, Myria se redressa lentement …

    " Souviens-toi de ton rang … de ta division … oublie le sang et la haine …"

    La jeune femme se soulevait avec difficulté, le souffle court, les yeux perdus dans le vague … elle brandit ses dagues pour la dernière fois, mais cela, elle l’ignorait encore … en face d’elle, l’immonde bête ricanait et raillait d’un ton profondément moqueur …

    - J’les ai tué, j’les ai tué … ah ah ah … et toi … tu es une incapable … ce gosse … t’aurais vu ça, une poupée de chiffon …

    Des visages, des noms, des clameurs et des discours tournoyèrent sur l’écran noir de ses yeux clos. Voilà … voilà pourquoi elle offrait sa vie. D’aussi loin que remonterait un cri infernal d’abysses éternelles, le visage de Kerayji se déforma en un rictus de détermination, elle avait compris, que les combats répétés sans réflexions dans le sillage ceux-ci faisaient d’elle une bête humaine, allant jusqu’à lui faire oublier ses convictions les plus intimes … ses lèvres s’ouvrirent et sa voix vociféra l’unique mot qui rallumait la flamme, la gerbe éteinte de son âme endormie …

    - JUSTICE !

    Le coup partit, la bête hurla … ce fut la fin … s’affaissant sur ses genoux, la belle recueillit sur ces derniers les deux dagues qui formaient son zanpakutô … elles tremblaient vicieusement, semblaient s’éteindre peu à peu, comme touchées d’une fierté dans équivoque, à l’instar d’un maître ému aux larmes par les progrès de son élève. Dans la plus tragique des incompréhensions, Kerayji secouait entre ses doigts déchiquetés par la rage, les lames de sa jeunesse …

    - Que …

    Une vive lumière émana soudain des doubles katanas, englobant la silhouette féline du quatrième siège ... puis tout disparut … et l’arme fidèle se réduisit en une cendre volatile, s’écoulant entre les doigts de leur porteuse comme les grains évadés et indomptables d’un sablier … dès que l’intense luminosité disparut, Myria s’effondra sur les pavés mal posés de l’ancienne paroisse …

    ~ ~

    Alors que doucement, sa conscience sombrait dans une infatuation temporelle ... au creux des cendres renaissait une lame, unique cette fois, à l’image scellée d’un simple katana dormant dans un fourreau de cuir souple. Au moment où la jeune femme perdit totalement connaissance, un lien de soie pure s’enroula avec légèreté autour de son poignet frêle et doux … cette fois, l'âme du zanpakutô choisissait le shinigami ...


Le noir ...
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeDim 14 Juin - 23:17

~ 1st Serenade ~


~ C'était une heure grave qui berçait le domaine céleste de sa tendresse malsaine... Une prolifération soudaine de Hollows semblait avoir pris source dans les domaines apauvris du Rukongaï, surgissant d'on ne sait où pour pulluler en tous sens en causant ravages et trépas. Ces infâmes chimères étaient donc partout, même où on ne les attendait pas. Ô funeste intrusion dans des territoires qui n'auraient jamais dû voir poindre leurs hideuses faces masquées d'albâtre... Nombre avaient été dépêchés sur les lieux pour endiguer le chaos en cours de propagation dans les plus brefs délais, forçant un branle-bas de combat inopiné mettant tout un chacun sur le qui-vive.

Ils n'avaient en aucun cas pu parvenir à amener leurs carcasses distordues en terres saintes tous seuls... Théoriquement. Une analyse détaillée de la sécurité du Dangaï ne serait guère un mal, après cette introduction suscitant le scepticisme le plus prononcé qui soit. Néanmoins, les réflexions succéderaient à la farouche édification de rempart qu'ils devaient organiser urgemment afin de restaurer l'ataraxie locale. Notion toute relative étant donné le caractère dépouillé des contrées investies, mais oblitérer ces pauvres hères transfigurés en cette sombre progéniture ôterait une fameuse épine du pieds aux résidents de ce relief minimaliste.

À peine avait-il eu le temps de poser le pied au coeur des locaux divisionnaires étant assigné à sa troupe qu'il fut gagné par l'effervescence omniprésente, qui laissait léviter une fragrance anarchique dans l'atmosphère d'ordinaire solennelle de ce rigoureux bataillon. Aussitôt informé des modiques données propres aux circonstances de cette catastrophique incursion, il s'était élancé sans discourir au-travers de l'Olympe modernisée que formaient leurs pavillons, qu'ils soient ou non fastes de provenance âmes s'étant vu offrir la délivrance comme responsables de leur équilibre de par l'ensemble des mondes. Le lest modéré de son porteur de mort heurtait régulièrement son flanc, battant une cadence imaginaire dans le silence de sa pérégrination fulgurante, se frottant à la noirceur des étoffes qu'il se devait d'endosser par souci de conformité.

Les quelques responsables directs de cette obscure affaire étaient évidemment des divinités de la mort chevronnées et ne devraient rencontrer aucune difficulté excessive en tant que tel, mais il estimait préférable de s'y rendre également, ne fut-ce que pour se permettre une estimation sommaire des dégâts causés par cette hideur déferlante. Ainsi voguait sa silhouette longiligne et effilée au travers de ce ciel contemplant le saccage qui s'était opéré, amas d'affres dû à l'incursion des bêtes, leur famine guidant leurs pas pesants et leurs masses saugrenues. Pénible jour que celui qui avait donné le jour à cette abominable ethnie et l'avait pétrie du pêché de gourmandise, agrémentée d'un soupçon d'anthropophagie pour finaliser les noires pulsions de ces calamités.

Un calligineux présage gravitait autour de ce déroulement journalier jusqu'alors départi d'anicroches, et il n'aimait point cela, une indicible étreinte pesant fermement de ses griffes sur son organe de vie. Il était néanmoins paré à brandir les siennes pour apporter un repos mérité à ces brebis égarées se faisant pourtant loup au coeur d'une bergerie providentielle. De quoi lui donner de faux airs de braconnier... Fusant dans les cieux, ombre fugitive s'armant de bellicisme envers ces lugubres entités, il reparut au dos de l'ultime rescapée du génocide qu'on leur adressait, à eux, infâme menace. Il se mit à susurrer imperceptiblement les paroles de l'aria de l'un des sortilèges nécromanciens les plus basiques dont il disposait, parmi tous ceux répertoriés dans les étagères si chargée des mémoires qu'il avait assemblées au cours des temps qu'il avait franchi depuis la première fois qu'il avait discerné l'étoile enflammée que l'on dénomme soleil.

Ses pensées égrenaient le phrasé de son incantation comme les perles d'un chapelet, initiant cette arcane connue sous le patronyme de Shakka Hô. Alors que l'acier jaillissait de son fourreau, rutilant de sa clarté, il ne trouva point de cible vers laquelle se diriger afin de s'abreuver de son fluide vital. L'armature déglinguée de l'entité charognarde jonchait le sol à ses pieds, devançant ses soques de bois, l'enveloppe dévitalisée se désagrégeant dans un mutisme presque oppressant. Le travail était donc déjà fait ? Son intuition plus apprêtée encore que le fil de son trancheur d'âmes lui susurrait qu'il n'était pas aussi simple de capter les réels atours ourlant cette situation, ainsi que ce décor décharné. Jetant le flot violine de ses prunelles alentours, il s'accapara hâtivement les visions nécéssaires à sa complète assimilation.

Poussant son instrument martial à regagner sa gaine d'un geste modique, il se précipita à la rencontre de l'effondrée, laissant les ruines les entourant à leur incessant écroulement. Pour ainsi nuire à un officier de ce rang, ce n'étaient pas les premiers venus... Se laissant choir de sur les rotules plutôt que de gaspiller un temps précieux à poser genou à terre, il porta ses mains à proximité de l'épiderme de la belle, la paume de la droite pressant sur le dos de sa conjointe fermée en poigne, se crispant sur une prise invisible tandis qu'une lueur céruléenne douloureuse naissait en son creux, irradiant d'une nitescence aussi réconfortante que ses vertus curatives. Les envoûtement médicaux n'avaient jamais été sa compétence majeure, mais il se débrouillait en suffisance que pour jauger être en mesure de restaurer les blessures lui ayant été portées assez que pour écarter tout péril fatal.

La capuche qu'il avait additionnée à son uniforme rabattue sur son faciès de toute sa longueur, en voilant le fragment supérieur de ses ombrages, il tenait plus du moine que du célestin, mais qu'importe... S'appliquant consciencieusement aux soins distribués, rude labeur au vu des plaies manifestes, il s'inclina sur le corps inerte de sa supérieure, postant la finesse de ses doigts à son épaule une fois la médecine mystique soldée, ses lippes se mouvant en un minutieux murmure pour ne point brusquer sa compagnie, tout en songeant à l'utilité permanente qu'il devait reconnaître à sa science des enchantements de toutes sortes.

× Ça va aller ?
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeLun 15 Juin - 15:56

    De si loin, une claire voix ... un doux écho sonore lui parvint. Tel le blafard rayon lunaire déchirant la couche nuageuse, il semblait au quatrième siège qu’une main gantée de velours saisissait sa paume, refermant de longs doigts volubiles autour des siens, et l’attirait irrémédiablement vers le haut ... la force spirituelle qui embaumait cet espace privilégié lui était parfaitement inconnue. Pourtant, la jeune femme ne pressentit aucun danger imminent, tant et si bien qu’elle crut pouvoir sombrer de nouveau dans l’abîme d’un profond sommeil. Or, cette présence maintenant sa conscience en un éveil constant.
    Kerayji entrouvrit ses fines lèvres ... l’avait-on redressée, l’avait-on touchée, elle l’ignorait.

    Son corps n’était plus qu’un bloc compact, une masse informe, dont elle ne sentait plus aucune extrémité. Au prix d’un effort mental considérable, Myria convainquit ses muscles de la laisser ouvrir ses faibles paupières ... en cette fin d’après-midi mémorable, la première chose sur laquelle se posèrent ses prunelles fut une ample silhouette encapuchonnée. Incapable de distinguer nettement le visage du second protagoniste, le quatrième siège se contenta de gémir maladroitement entre ses dents serrées par le mépris de sa condition ...

    - oui ... ça ira ...

    Bien entendu ... cela irait. N’osant conserver ses yeux ouverts plus longtemps, la jeune femme laissa choir sa vue à l’instar de ses paupières fatiguées. Cependant, elle força sa respiration à rester constante, de la même façon que respirerait une personne éveillée ... qui était cet homme, près d’elle qui l’avait soignée ? Oui, cela elle en fut persuadée, car son sang ne souillait plus ses papilles gustatives, de plus elle ne sentait plus le terrible parfum du liquide grenat. Oppressée par l’étrangeté de la situation, elle porta une main pâlie à sa gorge, et entrouvrit le haut de son kimono ...
    Doucement, elle reprenait haleine, sa frêle poitrine se soulevait, envoûtante et de façon moins cadencée, mais toute aussi vivante.

    Cela suffisait, elle ne pouvait pas rester ici d’avantage. Kerayji venait de perdre son zanpakutô, elle en était parfaitement consciente. Blessée au cœur par ce désastre, elle s’éveilla brusquement, accompagnée d’un violent haut le cœur lorsque ses iris translucides perçurent de nouveau la craintive lueur du jour ... immédiatement, son visage se détendit, alors que son corps tout entier rencontrait de nouveau la sensation d’un contact physique. Calme, paisible, impassible ... Alors seulement, elle souleva une main inquisitrice vers les ténèbres occasionnées par le vêtement de l’importun.

    - Qui es-tu ? ...

    Suivant ce geste, la bandelette de soie se tendit, élevant au dessus du sol la poignée d’un katana à l’aspect neuf. Promptement, Myria interrompit sa minauderie, la mine grave, le teint brouillé par l’incompréhension. Ses prunelles azurées observaient de façon circonspectes l’arme qui pendait à son poignet dénudé ... comment cela avait-il pu se produire ? La force nouvelle qui émanait de l’objet n’avait strictement rien en commun avec l’esprit de Kataomoi ... fut-il possible qu’il s’agisse là d’une lame néophyte ? Sans le vouloir plus que cela, ses mots se répétèrent une seconde fois à l’intention de cette dernière ...

    - ... qui es-tu ...

    Trop de questions sans réponses, il devenait impératif qu’on l’aidât à retrouver contenance. Chancelante, mais déterminée à recouvrer son statut de bipède, le quatrième siège déposa sa main droite sur le sol puis se souleva ... douloureusement mais presque de façon naturelle. Séance tenante, la tête vint à lui tourner. Malgré cela, elle parvint à rester stoïque, les yeux clos, le visage fermé. A quoi ressemblait-elle dans l’effort ... sa physionomie de poupée ne devrait pas être ainsi gâchée par les griefs d’un après-combat. Or, se trouvait là sa destinée, son pain quotidien.
    Lorsque tout se stabilisa, la jeune femme leva vers son poignet tendu par delà sa propre tête, un regard bordé d’une étrange et infinie tendresse ...

    - Saigo Sabaki ...

    Là, sur le fourreau sombre de cuir souple, ce nom se trouvait gravé en lettrines dorées. Percevant son nom, l’arme parût frétiller dans son étui .
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeMer 17 Juin - 20:28

~ Sous l'injonction enchanteresse qu'il diffusait de ses paumes, il exhortait les douleurs à s'évader de cette chair et les blessures, failles sanglantes, à se refermer. Son manque d'expérience en appui curatif ne lui permettait pas un travail d'orfèvre mais l'étendue de ses compétences médicinales restait dans une bonne moyenne, la globalité de sa maîtrise nécromancienne aidant à maximiser ce qu'il pouvait faire de ces connaissances en ce délicat domaine. Au moins pourrait-il quelque peu l'alléger, la soulager.

La rude lutte qu'elle avait vraisemblablement menée contre cette forme de vie corrompue n'était que trop harassante, on pouvait bien l'exempter de la nocive cénesthésie qui en ressortirait, en absorbant les stigmates de véhémence ciselées dans sa raffinée personne. La diversification de ses facultés se révélait une fois de plus être un précieux atout, même si son efficacité restait relativement moindre dans cette ramification des compétences s'étant synthétisées en lui alors que s'étiolaient les siècles, filant à toute allure jusqu'à lui donner cette antécédence immémoriale, autant que l'ombre qu'il était devenu avec le cours temporel trônant invariablement dans les rangs de ce bataillon justicier...

Y voyant défiler les visages qui se succédaient, s'évaporaient et ne se ressemblaient pas... Tant de noms, tant de personnes. Investi consciencieusement dans son emploi de fortune, il restait invariablement quiet, les orbes d'un ravissant pourpre sombre faisant sa vision fixant la nymphe terrassée qu'il avait dénichée dans ces vestiges délabrés. Chance insolente que sa venue, sans quoi rien ne garantissait la bonne subsistance de sa patiente d'un instant. Elle était désormais assurément sauve, même si la fraîcheur et la clarté d'esprit ne seraient sans aucun doute pas au rendez-vous lorsqu'elle se réanimerait pleinement. Il eut aimé pouvoir y faire quelque chose, mais était incapable de dépasser ses propres capacités, aussi vastes et variées soient-elles au moins par le nombre d'envoûtement qu'il avait assimilés.

Il n'en restait pas moins dans un état ordinaire malgré cette épineuse circonstance, comme s'il n'était autre qu'un arbitre, un juge indicible à l'homme se contentant d'observer depuis les hauteurs sans ciller à quelque moment que ce soit, bercé par une neutralité constante. Hermetisé à tout ressenti émotionnel et veillant sur le monde et ceux qui le peuplent avec objectivité, maître d'un sang-froid forgeant en lui ce rempart de givre où se percutaient toute perception pouvant impacter son imperturbabilité, aussitôt défaite par ce heurt dissuasif de toute atteinte pouvant lui être portée.

Dire que dans sa précédente incarnation, il aurait probablement laissé la mort prendre la belle sans ciller plus qu'il ne le faisait à ce moment, en interprétant que l'état d'amoindrissement qu'elle arborait dans ce relief désolé n'était que le symbole d'une faiblesse excessive. Cette douce dame devait hypothétiquement la vie à sa transfiguration morale... Une nostalgie evanescente frémit en lui, exaltée par ce rappel spontané. Le sort était facétieux, ou plutôt les déités qui le régissaient si les suppositions qu'ils restaient étaient fondées.

Quoi qu'il en soit, il avait réalisé ce qui restait en son pouvoir, et se contentait aisément de ne pas être resté les bras ballants même s'il eut aimé régénérer davantage la belle dame au secours de laquelle il venait de voler par la force des choses. De par le nombre de pêchés commis durant son vivant, à commencer par la percée opérée dans la physionomie du Christ, il avait contracté une dette envers le divin, et la repentance qu'il avait épousée n'était ni plus ni moins que son dévouement pour ses homologues, quels qu'ils soient. Et ce, même s'il savait dorénavant que le seul barbu que l'on puisse trouver dans cette infinité céruléenne appelée « ciel » était Yamamoto.

Que de tergiversations inutiles sur lesquelles méditer tandis que la conscience de sa protégée réinvestissait son corps, la ramenant sur ce plan tangible et à son enveloppe endolorie et courbaturée. Animant sa seconde main de manière à se délester de la coiffe altérant la visibilité de ses traits, il lui permit ainsi de découvrir son minois équivoque et les étincelles indigo dardant de ses singulières pupilles. Désorientée, principalement par là torpeur de laquelle elle émanait sans doute, elle ne semblait pas s'y retrouver dans ce décor déchiqueté au milieu duquel elle avait sombré au terme de sa joute farouche.

Se concevoir en mesure de l'aider à s'orienter était futile à en juger par son égarement total. Il ne pouvait qu'attendre qu'elle y discerne plus clairement avant d'être disposé à lui tenir lieu de guide. Être un phare dans le flux ténébreux ondulant autour d'elle comme un océan d'une noirceur abyssale ou aucune lumière ne point... Méditant sur le bouleversement psychique qu'elle devait connaître lorsqu'elle l'interrogea sur son identité, il la déclina d'un ton parfaitement posé, rien ne filtrant par son timbre de voix si ce n'est un calme souverain. Il prit soin d'articuler audiblement chaque syllabe sur un volume sonore identique, minutieusement calculé pour être sûr qu'elle puisse intégrer chaque fragment de son phrasé.

× Kanzaki Seigen, un de vos subalternes un peu versé dans le Kidô et ses déclinaisons.

Même avec le détachement de ses dires, rien ne lui affirmait qu'elle pourrait le comprendre pour autant, cherchant des points de repère dans ce qui devait être une gigantesque nébulosité pour elle. Il n'ajouta rien de plus, pour ne pas l'embarrasser plus qu'elle avait l'air de l'être déjà. Demander si elle était sûre d'aller bien aurait été une question sans réponse, ou alors peut-être risquait-elle de le prendre mal. Il s'en passa donc, la fixant, détaillant sa silhouette fuselée d'un oeil inquisiteur. Si la beauté était un don du ciel, alors elle en était la chérie, notamment pour la bleuté transcendante de ses pupilles semblables à une eau d'une pureté à nulle autre pareille au coeur de laquelle s'envisageait aisément un abandon hypnotique. La main qu'elle orientait en son sens fut aussitôt saisie et happée vers le haut, l'éphèbe considérant que recouvrir sa verticalité serait un premier pas conditionnel à une remise en forme appropriée.

Ce qu'il lui avait apporté par sa science des sortilèges n'était que provisoire et superficiel, et approfondir la thérapie pour qu'elle retrouve pleine possession de ses moyens. Elle attachait une attention particulière à l'arme jonchant le sol à ses côtés quand il l'avait découverte. Son trancheur d'âme, sans doute. Mais qu'est-ce qui la perturbait autant, et pourquoi en était-elle si obnubilée ? Aussi serein qu'il soit, une bribe de curiosité n'était pas réprimable et il espérait pouvoir lui soutirer les données intrisèques des faits. Après un rapide tour d'horizon, il ne releva aucun signe de vie ou d'hostilité dans un large périmètre à la ronde et fit le choix de couper court à ses réflexions sur le sujet. S'inclinant faiblement, ses mèches obscures s'agitant sous un modique zephyr, il reprit.

× Je me permets de vous emmener, j'espère que ça ne vous dérange pas. Je pense que quelques attentions curatives plus poussées que celles que j'ai pu vous donner ne seront pas de refus pour votre bonne santé... Je m'excuse par avance pour les quelques secousses pouvant résulter de notre voyage.

Avec vivacité, il passa l'avant-bras derrière les genoux de la jeune femme et la souleva de terre, agitant quelques volutes poussiéreuses lorsque ses pieds en décollèrent pour se suspendre à mi-hauteur. Convoyer une personne mal en point était plus facile ainsi, et surtout y correspondait plus. Rien ne prouvait que sa mobilité ne soit pas affectée et il gagnait du temps à se dispenser de le vérifier. Sans plus attendre, il esquissa un pas qui se perdit dans la vacuité, se soldant en même temps que leurs présences se dissipaient en un souffle éphémère qui les porta jusqu'aux quartiers dédiés au quatrième corps et à leurs installations hospitalières de pointe.

Aussitôt arrivés à ce but, il échangea quelques mots avec la « sentinelle » tenant plutôt le rôle de tenancier de l'accueil et lui confia de trouver une chambre de libre. Il revint quelques instants plus tard, le souffle court, après un rapide coup d'oeil. Au vu de sa fulgurance, ils ne devaient pas être surchargés en ce moment... Ca ne le regardait pas. Ne la lâchant pas, il l'amena précautionneusement jusqu'au local désigné ; une pièce méticuleusement aménagée avec une maniaquerie méritant d'être stipulée, faiblement meublée. Suivi par le quidam qui l'avait reçu et restait visiblement affolé, il comprit qu'il s'agissait d'un novice inexpérimenté qui ne savait trop comment s'y prendre dans pareil cas de figure.

Ce qui expliquait pourquoi il était installé à la place à laquelle il avait été trouvé... Posant sa passagère sur le lit avec circonspection, il envoya le troisième larron chercher quelques-uns de ses pairs plus à même de servir à quelque chose, et profita du lavabo adjacent pour confectionner une compresse froide imbibée d'eau qu'il apposa sur le front de l'infant de Vénus. Kerayji Myria, lui semblait-il. Gardant la cîme des doigts posée sur le tissu quelques secondes jusqu'à ce qu'il adhère à l'épiderme de la convalescente, il se pencha quelque peu sur elle pour la dévisager une fois encore, admirant la finesse de ses traits, n'exprimant qu'un murmure.

× Cet environnement me semble plus adapté pour vous permettre de récupérer... Non ?

Pesant ses pas pour les effectuer dans le plus grand silence, il alla tirer une chaise non-loin d'un reste rude mais précis avant de prendre place dessus, suffisamment près que pour l'entendre même si ce qu'elle émettait ne dépassait pas le chuchotement. Défaisant ensuite sa ceinture, il laissa tomber le haut de sa tenue, découvrant un débardeur de la même teinte d'obsidienne que le vêtement dont il venait de se priver. Adoptant une voix douce, presque mielleuse, il orienta à nouveau son regard vers elle, de même que ses paroles qui l'accompagnèrent aussitôt.

× Excusez-moi de vous demander ça maintenant, mais pourriez-vous me dire ce qui s'est passé ?
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeVen 3 Juil - 19:02

    Une étrange sensation de légèreté l’emportait, par delà les ténèbres de la ruelle pavée. On avait soulevé son corps meurtri avec la force d’un dieu et la douceur d’un papillon, concentré d’intenses émotions et affublé d’ailes graciles. Dans la pénombre de sa torpeur, la jeune femme parvint à entrouvrir ses frêles paupières ... son oreille droite restait collée à la cage thoracique de son porteur, elle écoutait, inlassable ce cœur débordant de vie et de grâce infinie. Au milieu de son obscurité, cet être apparaissait tel une aurore bienfaitrice. Depuis bien longtemps déjà, Myria avait compris que sans son prochain, elle n’était que peu de choses ... on a souvent besoin d’un autre que soi même, si souvent ...

    En un instant, très bref coup de vent, virevoltant il l’avait emportée dans son élan d’allégresse et de secours. De sa position en contrebas, elle observait silencieuse, les reflets améthyste de ce regard encore inconnu. L’esprit embrumé, elle serrait étroitement dans sa main affaiblie la poignée de son katana, et laissait l’autre effleurer inconsciemment le vêtement de l’esprit vagabond, s’enivrant malgré elle de son parfum printanier. Le voyage fut rapide et sans douleur ... il l’avait ramenée, en sûreté à la société des âmes, fontaine de jouvence. Pour elle, il avait marché inlassablement sous les regards les dévisageant, le quatrième siège entre ses bras protecteurs ...

    On la déposait sur un lit au confort appréciable, elle relâcha la pression autour de sa lame, la laissant choir au pied de son piédestal allongé et inattendu. Déjà, l’épais brouillard de jais évanescent qui brouillait le flux de ses pensées se dispersait doucement ... sa respiration soulevait sa petite poitrine en un rythme lent et gracieux. Le jeune homme apposa une compresse fraîche sur son front, finissant de rappeler la belle dans le monde des vivants ... elle tenait encore, elle tenait en coeur.

    Le quatrième siège qui avait conservé jusqu’ici ses paupières closes, laissa cet ultime rempart s’effondrer lorsque la voix de son soigneur retentit, mielleuse et alanguie près d’elle. Malgré l’obscurité appréciable de la pièce, un éclat azuré vint éclairer ses prunelles d’un gris profond et bleuté qu’elle déposait sur le plafond, n’osant se mouvoir d’avantage afin de conserver la compresse en place sur sa boîte crânienne. Cela aurait pu paraître surprenant, cependant, lorsque la jeune femme entrouvrit ses fines lèvres, sa voix s’éleva, cristalline et relativement claire, embarquant le silence sur le radeau de la perdition ...

    - J’ai compris aujourd’hui ... que se battre sans savoir pourquoi n’équivalait qu’au néant. J’ai perdu un ami, un grand ami. Mon zanpakutô, est parti en poussière, trop heureux d’échapper à la bête humaine que j’étais devenue. Phénix, porteur de chance, il ne m’a pourtant pas abandonnée ... j’ai eu l’ultime chance je crois, au milieu des cendres de Kataomoi de trouver l’explication de ma venue en ce monde, ce pourquoi je respire, ce que je suis au plus profond de moi même ...

    Les sonorités de sa voix n’exprimaient rien de plus qu’une grande compréhension, celle de cette révélation, givrant son âme parmi les flammes sanglantes de l’enfer où elle s’enfonçait peu à peu. Elle n’avait plus sur le visage, ce rictus amer, ce masque doucereux voilant ses larmes. Épurée de tout vice malsain, rassurée et confortée dans son ambition première, de ce jeune être émanait une force nouvelle, sa Rédemption.
    Quelques secondes encore, Myria laissa son visage faire face au plafond ambré de la pièce aux murs insonorisés. Elle n’avait plus froid, elle n’avait plus chaud ... mais se sentait profondément bien. Alors, sans avertir plus que de raison, elle se redressa sur son séant, la compresse désormais obsolète car tiédie alla choir entre ses mains qu’elle avait sur ses genoux. Doucement, elle se détourna afin de laisser ses jambes descendre du lit de fortune. Assise devant son interlocuteur, elle releva son doux visage vers le sien, murmurant ...

    - J’ai cru n’avoir aucun but pour subsister face à l’adversité de cette vie ... Mais ... on m’a prouvé le contraire aujourd’hui.

    Du bout de son pied droit, elle frôlait presque avec une tendresse maternelle le manche de Saigo Sabaki qui trônait près d’eux. Deux égal zéro ... l’un pour l’autre, à jamais. L’un sans l’autre, cela ne serait jamais. Ainsi, elle cessa. Si peu étaient encore ceux qui parvenaient à toucher ce sombre cœur de métal qui l’habitait, les autres se coupent, se blessent à son grand nombre d’entailles. Et pourtant ...

    Se laissant soudainement glisser devant le jeune homme assis devant elle, le quatrième siège posa son genou droit à terre, recueillie et de façon solennelle. La belle joignit ses paumes sous son propre menton, scellant de nouveau la pâleur lunaire de son regard derrière l’écran noir de ses yeux clos. Un silence passionné enflammait la pièce, alors qu’un coeur que l’on pensait de roc, martelait silencieusement cette poitrine de femme enfant. Elle laissa couler ses mots de remerciement, et autorisa les bordures de son âme à mourir sur le grenat de ses lèvres ...

    - On me l’a prouvé à deux reprises ... éternellement ...

    Une chose s’éveillait, belle et fragile, dans ce monde fou où tout semble tellement incohérent, et qui parfois laisse l’homme tremblant, mais restera à jamais pure. Une chose sacrée et inébranlable et qui désormais la suivrait à chaque pas ...
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeJeu 16 Juil - 17:54

Lui-même s'était saisi de l'aisance déconcertante avec laquelle il avait pu mouvoir le corps de celle dont il avait fait sa protégée dès l'instant où il l'avait sommairement restaurée pour lui éviter le funeste passage de vie à trépas qu'elle ne méritait point. Sa masse musculaire apparente n'était guère volumineuse, et plutôt piètre malgré quelques tracés intéressants à l'œil, et même les pratiques spartiates qu'il mettait en œuvre pour augmenter cette caractéristique physionomique n'y changeaient rien. De fait, sa force brute ne progressait pas d'un iota non plus. Ce qui n'avait pas empêché une persuasion implacable de se frayer un chemin jusqu'à son esprit pour lui ancrer dans le crâne que naguère, fut-ce un laps de temps succinct auparavant, il aurait été incapable de conserver pareille mobilité tout en ayant à charge une passagère. Bien loin de l'idée d'envisager sa masse pondérale comme étant trop élevé, il n'avait jamais été à l'aise lorsqu'il devait transporter une personne via son propre corps converti pour l'occasion en moyen de locomotion de fortune, peu confiant envers son équilibre comme ses ressources corporelles. Le voilà désormais paré de la preuve que ces craintes furtives étaient vaines. Sa progression devait être plus conséquente qu'il ne l'avait conçu, en dépit du manque notoire de succès de ses précédentes tentatives.

Malgré son sang-froid devenu légendaire tant il le suivait comme son ombre, noyau de la maigre réputation qui s'était tissée autour de lui au fil de son service militaire au cœur du Gôtei, l'adrénaline avait dû le gagner du fait de l'état critique de la muse pour accroître ses habiletés, afin qu'il puisse la secourir sans rencontrer d'obstacle. Ou alors il devenait tout simplement meilleur... Sentant jour après jour cette profondeur insondable en lui hausser son niveau, marée éternellement montante dont il craignait qu'elle l'engloutisse un jour dans ses abysses sans qu'il ne puisse tenter de se débattre. L'heure n'était pas aux réflexions et il écarta ces réflexions bien personnelles pour se recentrer sur sa supérieure hiérarchique. Le centurion d'antan avait fait au plus vite pour l'amener ici, en plus de lui avoir personnellement porté les premiers secours, et ses jours n'étaient assurément pas en danger même si ce n'était pas forcément de quoi rassurer en tous points. La promiscuité charnelle engendrée par le convoi qu'il avait fait pour la demoiselle avait quelque chose d'à la fois plaisant et dérangeant par le trouble qu'il instaurait dans les pérégrinations mentales du lancier, le gorgeant d'une diffuse nostalgie apaisant ses sens d'un même afflux.

L'espace de quelques secondes bien vite égrenées, le légionnaire d'autrefois avait considéré la possibilité de la laisser ainsi pour qu'elle n'ait connaissance de son identité. Faire cela n'avait en rien pour aspiration de ramener à lui une quelconque reconnaissance ou gratitude ; rien ne devait impérativement découler de ce service somme toute assez normal. Quoi de plus logique que d'épargner le décès à quelqu'un qui peut lui rire au nez encore fort longtemps, plus encore s'il s'agit d'un de ses propres camarades ? Tous ne l'entendaient pas de cette oreille et c'est bien pourquoi cette idée mitigée avait percé dans les rouages obscurs de son psyché, forgeant l'hésitation. Aucun remerciement ne s'avérait de rigueur pour cette assistance portée, et c'était bien ce qui lui faisait en venir à l'hypothèse d'une dissimulation de son identité pour s'assurer que nul ne serait tenté de lui renvoyer l'ascenseur. Qu'importent les circonstances. Sa solitude était sa meilleure compagne et faire un éclat aussi petit soit-il dans cette loi immuable n'était pas des plus recommandables. Voilà comment s'alignent les raisons auxquelles l'on doit l'édification majeure de cette mystérieuse facette de sa personnalité déjà bien absconse sans s'enrichir encore.

Tant est-il qu'il trônait présentement aux côtés de l'alitée, entité sibylline, ange gardien voué à la sauvegarde de cette nymphe surgie du chaos. Chaos duquel il l'avait sauvée en lui portant secours pour s'évader des gravats lui faisant entrave, la tenant captive. Le repos devrait être rigoureux pour qu'elle récupère pleinement ses facultés en un laps de temps restreint. Toutefois, nulle chaîne ne venait vraisemblablement la lester sur le plan spirituel du fait de ces déboires, tout allant donc pour le mieux. C'eut été un affect peu acceptable dont la nocivité n'eut pas été de bon aloi, également néfaste à la démarche investigatrice qu'il initiait. Dès lors, pas d'inquiétude, que de rassurement de la voir s'éveiller, quittant ce préoccupant onirisme la scellant jusqu'alors. À l'identique, sa beauté vrilla l'âme de l'ensorceleur, tant par l'hypnotisante clarté de son regard que par l'ivresse qu'exsudait son ton, transperçant son bienfaiteur d'une pulsation evanescente. Anormal. Bien que les dires de son interlocutrice furent d'un flou qualifiable d'artistique tant il était romanesque par son lyrisme, il mit cela sur le compte de sa récente reviviscence.

« Ignorer pourquoi l'on se bat... C'est une perspective que je ne connais que trop bien, puisqu'elle est incrustée dans chaque parcelle de mes chairs, pour chaque jour jusqu'à celui de ma mort. Que ce soit de mon vivant ou encore maintenant, j'ignore pourquoi je serre les poings, pourquoi ceux-ci doivent être brandis... Porter cette lame n'est qu'un symbole, je ne peux y recourir tant qu'elle n'aura de raison de voir son acier luire sous un astre, qu'il soit de flammes ou d'argent. Vaincre ou être vaincu... Triompher pour avancer ou être défait et se voir briser. C'est la philosophie qu'on m'a inculquée de force alors que je n'étais encore qu'un humain... Une voie qui ne signifie qu'une quête perpétuelle de fortification, privée de toute origine ou destination. Être fort pour soi et ne se battre que pour soi n'est qu'une bien triste route... Ce qui ne m'empêche pas d'être incapable de m'en éloigner, dépourvu de mieux. »

O
bscurcissant sa vision un instant derrière l'obstacle de ses paupières, il tut un soupir, la mine impavide. Depuis quand n'avait-il plus convoqué les vertus glaciales de son acérée compagne ? Le fer aurait pu en être envahi par une rouille tenace bien décidé à le denteler qu'il ne l'aurait su, trop absorbé par son assiduité orientée vers les arcanes nécromanciennes. Le virtuose du sortilège ferait bien de dès à présent privilégier et cultiver leur symbiose. Du moins, s'il tenait à la stabilité relationnelle qu'ils avaient forgé. Quoique contrairement à ce que l'on ébauche de prime abord, ressouder les liens avec une de ces lames mystiques n'a rien d'une partie de plaisir. À plus forte raison que la conscience dont ils sont dotés approvisionne un caractère plus ou moins facile avec lequel il faut savoir combiner. Condition corsée d'un cran supplémentaire par le contexte de l'actuelle périlleuse entreprise. Des souvenirs qu'il en gardait, Kogarashi n'était pas des plus conciliants en dépit de sa nature frigide. L'opération serait délicate s'il se décidait à amorcer de la mener à bien. À en voir l'attention que Myria dédiait à son propre instrument martial, il resta un instant interdit, captivé par leur divergence. Que représentait ce trancheur d'âme pour la belle ? Un ami ? Un compagnon ? Une force ? Un simple ustensile ? Cette ultime hypothèse fut bien vite écartée, à la voir toucher si précautionneusement l'artefact gisant.

Une bribe de jalousie le chatouilla à voir la tendresse qu'elle portait à cette arme, encore secoué par le contact établi avec le charmant être qui reconquérait la pleine portée de sa conscience à ses côtés. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle se fit choir sciemment, s'inclinant devant sa silhouette indistincte dans les pans volontairement trop vastes de son habit. Même si son corps était loin de regorger d'une musculature imposante, celle dont il s'était durement nanti était ainsi camouflée, son androgynéité faisant le reste quand aux élucubrations sur une faiblesse de sa part. Saisi de ce geste aussi inopiné que difficilement prévisible, il ne s'écarta pas pour autant de sa sérénité, même si elle faillit être ébranlée par la stupeur. Dans un geste d'une infinie douceur, empli de la crainte de briser cette scène dont il doutait de la réalité, le Dieu de la Mort abandonna sa paume sur la tête de sa camarade, la grâce portant le moindre de ses frémissements. Coulissant peu à peu, le ressortissant de la neuvième savoura la douceur de cette toison, rejoignant bien vite la joue et enfin le menton, l'incitant à porter sur lui ses ravissantes prunelles par cette délicatesse méritée. Tout autour de lui semblait si diaphane... Muselant le bouleversement qui sortait de sa torpeur aux tréfonds de ses entrailles, son timbre se fit plus doux encore qu'il ne l'avait jamais été, devenant alizé pour s'offrir à elle en un humble don.

« Je peine à saisir le sens de votre phrasé, mais nul besoin d'arborer cette position, d'autant devant moi qui ne suis qu'une ombre fugitive. Si vous me destinez bien ce que je crois discerner, croyez bien que vous ne m'êtes en rien redevable et que cette posture n'a d'autre utilité que celle de léser votre guérison. »

Abandonnant le doux minois, il s'inclina pour saisir le poignet de sa vis à vis, qu'il se mit à entourer de bandages que les plaies mises en exergue exigeaient. Dévalant l'entièreté de son bras de cette parure médicale, il atteignit rapidement l'épaule qu'il dédaigna d'un frôlement, allant effleurer avec une langueur mesurée l'emplacement de son organe de vie, sa vision d'améthyste se noyant sous la pureté des flots de celle de la blessée. L'unisson... L'harmonie... L'unité... Tant de notions inconnues que cogitait l'éphèbe sous la luminescence éclairant la pénombre de ses méditations sous l'impulsion de cette rencontre.... Son regard se mit à ciller, la somnolence le gagnant, leurs faciès si proches que leurs souffles respectifs caressaient paisiblement leurs épidermes...

« Il n'est pas rare que les coeurs doivent aussi être pansés, bien que ce soit d'une toute autre manière... Serait-ce votre cas ? Je me suis promis de m'assurer de votre bon rétablissement, sans notifier d'exception, après tout... »
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeJeu 16 Juil - 22:33

~ Pour la première fois depuis longtemps, j’avais peur. A mes yeux, combattre les habitants de l’Hueco Mundo, ne pas sombrer dans le plus réparateur des sommeils des lunes durant, voyager sans connaître son but, verser volontairement son sang pour sauver celui d’autrui ... autant de dangers qui m’apparaissaient comme insignifiants et peu enclins à la frayeur comparé à mon ressenti en cet instant d’extrême incertitude. Sa main caressante avait enjoint mon visage à s’élever vers ses propres traits, confondant l’améthyste de ses iris et l’argenté de mes prunelles ... L’unique perspective que cet homme, dont la finesse égalait celle d’une femme, puisse entendre les battements de mon cœur transcendait mon âme d’une fulgurante peur de l’inconnu ... ~

Leurs souffles se mêlaient, mielleux et tendres alanguis. Le jeune homme semblait pouvoir lire entre les lignes, suivant la voie du cœur jusqu’à percevoir l’organe en question. L’iridescence de sa présence insufflait au quatrième siège un tumulte de sentiments contradictoires et rocambolesques. Ses paroles n’avaient pour effet que d’accélérer le rythme dores et déjà cadencé de son organe de vie qui martelait violemment sa poitrine. Dans le silence ambiant, serait-il possible que ce battement vint à être perçu ? Il bandait son poignet avec grâce et application, l’agilité de ses doigts câlins la laissaient pantoise, cependant les soubresauts de ses remparts laissaient peu à peu son attitude et son faciès regagner en assurance. Malgré le phénomène inverse, Myria avait la très nette impression d’être dévêtue par la manipulation de son interlocuteur ...

La pénombre régnant en maîtresse dans la pièce exiguë accentuait l’aspect voluptueux et chaud de cette étrange scène. Dans une alcôve près du lit, un bougeoir sur lequel flambait une bougie répandait un parfum de vieille cire et une douce lumière tamisée. L’intensité des mots du soigneur cheminait droit vers la belle écouteuse, qui, tenue par son grade, ne resta pas ployée sur le sol plus que de raison. Il l’avait probablement sauvée, et comme si cela n’était pas encore assez pour cette âme charitable, ce qu’il proposait à présent outrepassait de loin le simple soin médical. De nouveau assise sur le bord de la couche, ses genoux épousant la chute des draps, ses pieds effleurant le sol stratifié, elle observait son interlocuteur avec un intérêt retenu. Aucune expression de dureté ne maculait son visage, Kerayji paraissait simplement détendue et encline à s’ouvrir aux sensations extérieures ... un fait assez rare en ce qui se trouvait être du ressort de son impassible personnalité. Elle avait posé ses mains sur ses cuisses et se massait doucement les doigts ... considéré par un œil extérieur, ce geste ressemblait indéniablement à un réflexe d’enfant, exécuté par des mains de femme. Graduellement, son entièreté s’offrit au merveilleux don de la parole ...

- Panser un cœur meurtri par l’enfermement personnel n’a rien d’aisé. Ce soin ne peut être conféré aussi légèrement que lorsque l’on veille sur une plaie diverse ... Je ne pense pas qu’il existe un traitement spécifique à mes blessures intérieures, simplement parce que l’unique solution se trouve en ma volonté propre et puis ...

Son regard clair et argenté traça le frêle contour du visage de son vis-à-vis. On pouvait y lire une profonde gratitude, mêlée à un tout autre panache de ressentis indicibles et indescriptibles. A l’instar d’un être codé, la jeune femme ne semblait pas pouvoir un jour être connue à la perfection par quelqu’un d’autre que son Zanpakutô. Saigo Sabaki, une étoile, un ami, une lame fidèle possédant son propre esprit et son propre courage. Fut-il possible de la qualifier d’humaine pour autant, la jeune femme en doutait à grand regret. Les mots restaient bloqués en un amas compact dans la gorge du quatrième siège ... tant à exprimer et trop peu d’argenterie littéraire pour présenter ses arguments. Prenant une imperceptible once de courage sous forme d’un soupir, Myria laissa sa langue caresser ses pensées ...

- Je ne serai jamais ... digne de votre am ... intérêt.

Les sourcils élégamment arqués de la belle s’arc-boutèrent légèrement sous son intéressant lapsus. Toutefois elle n’eut pas le loisir de s’en inquiéter, qu’un homme de grande taille dont la main avait été visiblement blessée par un quelconque maladresse se présenta, déboulant en trombe dans la minuscule pièce auparavant occupée. Otant toute perspective de déification de l’arrivant, il bondait par sa seule présence l’espace encore disponible. Bourru et peu respectueux de l’intimité des patients, il pensa le jeune Kanzaki comme étant un quelconque infirmier, et la quatrième siège ( dont il ignorait apparemment le rang ), un simple obstacle à ses futures sutures. L’air peu amical, voir agressif, il s’approcha du lit sur lequel la jeune femme s’était dores et déjà accroupie, féline prête à bondir au moindre problème ...

- Dégagez de là vous !

Elle ne vit pas le coup venir ... le bras massif de l’inconnu défonça littéralement la couche sur laquelle elle se trouvait. Bondissant à l’instar d’un chat en action, la belle tendit instinctivement ses bras vers une poutre barrant le haut plafond. Son entreprise eut put être couronnée de succès, si l’importun n’avait pas saisi sa cheville ... la propulsant violemment vers le parquet.
Impuissante face à une violence à laquelle personne ne se serait attendue, Myria vit le sol se rapprocher à une vitesse incontrôlable et ahurissante. Son dernier réflexe fut de croiser calmement mais précipitamment ses fins poignets devant son visage, ramenant ses genoux contre son torse, un éclair lunaire irradia ses iris en proie à une rage sourde, puis elle ferma ses paupières ... jurant que si la chute ne lui rompait pas tous les os du corps, elle punirait sans ménagement l’homme qui venait de clôturer l’un des plus beaux instants de sa vie. La nature humaine s’éloigne parfois de tout schéma comportemental, si l’instinct primaire d’un animal captif peut s’éveiller, celui de l’homme devait être capable d’en faire tout autant ...
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeLun 20 Juil - 22:32

Le cœur. Un formidable trésor que peu peuvent vraiment comprendre sous toutes ses coutures. Peut-on toucher un cœur ? Peut-on briser des cœurs ? Peut-on perdre son cœur ? Un cœur peut-il parler ? Un cœur peut-il être clos ? Un cœur bat-il pour quelqu'un ? Ou ne laisse-t-il perdurer sa vitalité que pour nous et nous seuls ? Nous anime-t-il pour nous ou pour les autres ? Sommes nous des unités individuelles ou autant de fragments d'un même tout ? Un est tout, tout est un. Chacun sa vision des choses, c'est la preuve de l'autonomie de nos consciences, mais également de leurs dépendances des unes envers les autres. Qui que l'on soit, il y a toujours un autre organe de vie s'ourlant de frénésie au diapason avec le nôtre, brûlant d'un écho infernal les aimantant l'un à l'autre, chaîne impérissable, dénuée de poids, qu'il ne peut que plaire de porter.

Certains dirons faiblesse. D'autres dirons force. S'il était aussi élémentaire de tout classifier, l'homme ne se poserait pas tant de questions. Longtemps encore cette torture segmenterait le sommeil de bien des philosophes et autres férus de ces complications existentielles. Telle est la pénitence de ceux qui persévèrent à s'approcher trop près de l'étoile embrasée, le progrès leur laissant l'espérance, mais ce n'est pas parce que leurs ailes ne sont plus de cire qu'elles leur donneront l'altitude qu'ils visent avec une trop grande crédulité. Leur retombée n'en sera que plus épicée lorsqu'ils seront terrassés par ces cieux qu'ils n'auraient jamais dû tenter de percer : vouloir décrocher la lune est une utopie mais s'y acharner n'est que motif de pitié. Il est temps de comprendre après tant de vaine persistance...

Néanmoins, l'aspiration d'acquérir cet astre coruscant s'émerveillant devant lui était une ébullition certaine dans les abysses de son être, contemplatif de la luminescence dont elle baignait son mystère. Les ombres volubiles le nimbant lui donnaient l'impression d'estomper, de l'ouvrir le temps de ces battements éthérés aux visions inquisitrice de cette nymphe séraphique. Les remparts de sang et de fer que les batailles traversées avaient dressé en bouclier de son corps et de son âme se désagrégeaient avec lenteur, brisés par les ardentes étincelles qu'éveillaient en lui les fascinants iris décrivant inlassablement son existence naufragée dans cette plaisante geôle. Cible privilégiée d'une claustrophobie avérée en quelques temps, la proximité acquise en ce jour n'était pourtant que mielleuse saveur pour l'éphèbe aux prunelles pétries de ce transcendant ondoiement d'améthyste.

Tant l'envahissante pénombre, prédatrice enténébrée, rongeait la pièce, tant la clarté de cet angélique créature le dévorait lui, spectateur interdit devant sa splendeur surréaliste. Elle était tel un ravissant papillon aux teintes iridescentes voletant dans les lumières estivales, frôlant l'ombrage d'un arbre à la durabilité pluriséculaire. Telle était la genèse de l'attention subtile avec laquelle le lancier prodiguait une prévenance zélée à sa compagne d'un moment sans se départir de l'ésotérisme le couronnant. Chaque mot échappé de ses lippes était le plus doux des breuvages dont il se désaltérait, frôlant un éthylisme exquis à chaque nouvelle absorption.

-°o' Qui peut mieux comprendre ces meurtrissures qu'un égal ? Synchronisation est de mise puisque je me suis moi-même perdu, scellant ce bien pourtant si cher dans un carcan fait de mon orgueil et du bellicisme duquel mon destin se teintait. Je suis né au mauvais endroit, au mauvais moment, et me suis damné aux yeux d'une religion et de ses fidèles dans leur intégralité. Je fus l'ombre, l'engeance obscure qui mit à jour la fuligineuse prophétie du christianisme en s'adonnant par sens du devoir à une atrocité que je mis du temps à discerner sous son véritable jour... Je ne puis échapper à cet indélicat souvenir mais ne le renie point, berçant de mon ressentiment d'avoir été ainsi façonné que pour vivre dans le seul intérêt de prendre les armes. Je suis né soldat et périrai soldat sans avoir trouvé d'autre chemin et sens vital que celui de ma lame, m'est avis... 'o°-

Leurs yeux s'entremêlaient en une valse cadencée, nouée d'une magie issue de cette passion réciproque les obnubilant depuis le premier effleurement. L'éveil faisait battre leurs chairs au diapason, les vertus de leurs organes de vie s'appelant d'une frénésie encore fraîche, mais qui ne les empêchait point de se consumer de cette innovation bouleversante. Dodelinant de ce minois équivoque, fondement de son charme trouble, l'ensorceleur dénota sans le souligner l'impair sur lequel buta la muse dans son envoûtant phrasé.

-°o' Les mensonges sont des vérités jusqu'à ce qu'on les perçoive comme des mensonges. Me permettriez-vous de vous éclairer sur la fausseté de vos propos en vous menant à l'inverse conviction ? 'o°-

Se penchant sur elle en lui offrant de contempler la discrète positivité ourlant ses lèvres, l'androgyne fut dans l'obligation de quitter à contrecœur cette suspecte posture expéditivement pour se confronter à l'entrée d'un titan que son esprit rationnel maria aussitôt au bataillon primitif de la onzième division. L'irrévérence injurieuse qu'il manifesta ne réussit qu'à arquer les sourcils du nécromancien en une figure acariâtre, n'appréciant guère ces mœurs indéniablement blâmables. Cette antipathie se confirma lorsqu'il fit montre d'une hargne inacceptable en ces lieux se devant d'être auréolés d'une paix totale pour le bien du rétablissement des éclopés de toutes variétés. Songeant à son interlocutrice avant toute réprimande, indigné de ce comportement inacceptable d'autant plus qu'il déferlait sur une demoiselle, il se mut selon la méthode consacrée à son ethnie, interceptant la silhouette fuselée de la sylphide.

Dans l'urgence, il n'eut pas l'opportunité de s'emparer du temps nécessaire à la sécurisation de cette locomotion fulgurante, percutant pesamment la couche sur laquelle siégeait la rescapée jusqu'alors. Bien que robuste, la litière déjà éprouvée par les passages passés d'entités bien plus pondéreuse ne sut tolérer l'arrivée si prompte de deux personnes projetées en son sein à pleine vitesse, cédant sous cet allongement involontaire. Sain et sauf au sein de ce reliquat, ses prunelles courroucées pourfendirent l'importun tandis qu'il maintenait sa supérieure dans la position caractéristique du fiancé maintenant sa promise après l'avoir soulevée de terre, bien qu'ils gisent sur cette dernière par la force des choses.

-°o' L'intolérable ne saurait perdurer au-devant de mes pas. Réviser vos principes me paraît primordial si vous avez à cœur d'éviter que vous ne subissiez préjudice... Ainsi. Charriot de Tonnerre... Engrenage des Roues... La Lumière, Divisez la en Six. Bakudou no Rokujuuichi, Riku Jôkôrô. 'o°-

Dérivant le creux de sa poigne en guise de seule enceinte confrontée au colosse malappris, il accosta la correction en relâchant le jaillissement d'une salve d'aura en son sens. L'éclosion de la fleur fut irréprochable, entravant le titan dans son étroitesse rayonnante. Les six pétales sculptant son sort sans qu'il ne puisse objecter, Seigen enchaîna en un murmure sur l'arcane la plus primaire parmi les maléfices nuisibles, articulant un indicible « Shiyou » dont l'invisible onde de choc fendit silencieusement l'atmosphère, écartant la carcasse emprisonnée du dissident hors du théâtre de leur entretien.

Répétant l'incantation éphémère en désignant cette fois-ci la porte, il la verrouilla sans davantage de fioritures. Suintant d'un soupir de soulagement, il scruta à posteriori la frimousse de la jouvencelle, l'embarras conquérant sa pigmentation d'une érubescence croissante. Replaçant étourdiment quelques épis châtains de la main soutenant les épaules de la convalescente, il eut beau chercher ses mots, ceux-ci disparaissaient dans les palpitations confuses de son organe de vie, dues non pas à cette péripétie mais bien à leur contiguïté qu'elle avait aggravée. La proximité de leurs visages n'était qu'un motif entre tant d'autres pour l'obstruction de ses paroles...
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeMar 21 Juil - 13:17

Le hasard, un mot chargé de significations ... chance, incertitude, danger et bien d’autres encore. Les théories s’enchaînent à son sujet, l’ergodique et l’algorithmique ainsi que les graphes comme le chaos lui même. Les systèmes hasardeux régissent eux, un grand nombre de phénomènes naturels, il s’agit d’une part de la contingence de l’évolution, l’égalité des sexes le secret des maladies multi-factorielles, imprévisibles et lacunaires car incurables. Le hasard ne peut se définir, comme il ne peut être vaincu ou utilisé à bon escient. Il n’est que volute impénétrable, affres insaisissables, quelque chose de tremblant et mouvant dont on connaît l’existence mais que personne ne peut toucher ni étudier de façon parfaite et complète. Pourtant, le hasard est le plus grand romancier du monde, pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier. Il ne peut concevoir, ne peut ajuster, mais crée une bouillie éphémère qui pousse à l’aide d’un vent diffus la roue du destin ...

Fut-il possible que cette brise ait soufflé sur le Seireitei. Envoyée réduire au néant l’expression d’une injustice passée, la Shinigamie s’était retrouvée, après avoir vaincu, dans une extrême et désagréable situation de faiblesse. Blessée dans son âme, meurtrie à la surface de son enveloppe corporelle, serait-elle morte si ce papillon aux ailes de nuit n’avait pas eu le don de voleter dans son sillage ? Pourquoi l’avait-on retrouvée, qui en ce jour, pouvait expliquer le formidable fait qu’il s’agisse de plus de cet être dont la présence faisait jaillir des étincelles disparates et incandescentes en son fort intérieur ? Un sombre individu avait tenté de croquer à toutes les pommes de la discorde, troublant l’instant éphémère où deux cœurs palpitaient à l’unisson. Cependant l’effronté avait été éconduit par les soins du jeune homme, qui maintenait fermement la convalescente entre ses bras volontaires et confus. Elle était là, au creux de sa protection capturant inlassablement son regard ...

Fantaisiste spirale de couleurs éveillant son épiderme, la jeune femme abasourdie par la soudaineté de l’intervention restait coi. Silencieuse, le profond argent de ses prunelles laissait pourtant comprendre où penchait son organe de vie, coffre aux secrets piégé d’innombrables rouages et pressé d’inextricables chaînes. Choisissant pourtant de ne pas s’agiter, elle bascula doucement son poids vers l’extérieur, s’octroyant ainsi le droit de poser de nouveau ses pieds sur le sol dallé. Le temps semblait s’être arrêté ... seul son corps paraissait se mouvoir bien que son visage s’en trouvât quelque peu décalé, alors qu’il la déposait avec légèreté, la proximité de leurs souffles n’avait en rien été rompue. Les paroles du jeune homme tournoyaient en son esprit, comme une aube nouvelle, étoiles filantes illuminant ses cieux obscurcis. Hésitante, Myria leva tendrement sa main entre leur deux corps. Dans une infinie douceur, elle effleura sa joue, une agréable sensation courut alors dans ses doigts à la manière de l’indomptable électricité, transcendant sa poitrine et atteignit son cœur de plein fouet ... cependant, il lui fut impossible de refouler l’élan qui enjoignait ses doigts à parcourir les traits de son vis-à-vis, telle une aveugle ...

Sa peau avait la tiédeur des beaux jours, son regard améthyste portait en son sein la rudesse hivernale et la souplesse d’un printemps ... Son nez droit et légèrement infantile paraissait frémir à chaque fois que l’oxygène y pénétrait, ses lèvres grenat aux bordures ciselées par les nymphes n’inspiraient qu’à l’écoute et à l’étreinte fusionnée. Même si le silence fondait autour d’eux un moule étroit et étanche, elle le percevait ... ce cœur palpitant. Comment avait-elle pu ne pas l’entendre auparavant ? En effet Il martelait sa poitrine, cherchant à s’extirper de cette douce cage dorée, peureux mais enchanté, torturé mais soulagé de battre à tout rompre, libéré de toute contrainte, n’offrant que la sincérité d’une vérité immuable et éternelle ... elle comprit alors qu’il lui restait une épaule amie, malgré tout le mal qu’elle s’était donnée à détourner l’entièreté du monde de sa personne, et cela bouleversa ses sens, faisant courir un torrent de larmes qu’elle contint par delà ses défenses. Diaphane, diffuse et éperdue, ses poumons s’emplissaient d’un air guindé d’une sensation inconnue ...

- Merci ...

Enfin ...

Ces mots n’avaient été audibles que pour une oreille attentive, car, cédant à la tentation, à l’envie et au besoin qui la tenaillaient, la jeune femme avait accompli le pas décisif. Ses bras ballants le long de ses courbes qu’elle n’avait osé lever, son corps entier portant s’était mu en avant, jusqu’à ce que son visage enfouisse sa peine et son sempiternel bonheur dans le cou du Shinigami, s’imprégnant de son parfum, de sa chaleur féerique. Son organe de vie menaçait de s’arrêter d’un seul coup, un seul, tant il palpitait d’une ardeur déchaînée contre sa menue poitrine, épanchant ses innombrables et effrénées ondes de choc à travers le tissus devenu inutile ... comment ne pourrait-il pas sentir ce dernier. Les yeux clos, le visage à la fois serein et torturé, la belle accrochait la finesse de ses doigts aux manches du jeune homme, n’osant toucher cette peau au fruit défendu, cet appel irrésistible à l’amour pudique, le sentiment humain ...

Que faire ? Que dire ? Kerayji prenait peu à peu conscience de la situation dans laquelle elle se trouvait. Sa conscience lui intimait que telle attitude n’était point digne d’un troisième siège. Comment pouvait-elle se laisser emporter de la sorte par un élan sentimental ? Impardonnable ... la colère bouillait dans ses veines, le sang avait toujours été plus épais que l’eau lorsqu’il se trouvait versé. Mais jamais encore une telle incompréhension n’avait assailli ses sens, tiraillée entre deux ressentiments, oppressée par son envie et son devoir ... quand bien même le troisième siège ne trouvait aucun mot pour s’exprimer, son âme elle, chantait bel et bien. L’unique bougie se consumait dans son alcôve, consommant sa propre énergie, comme son organe vital ... Et pourtant, il fallait mettre fin à tout cela, avant qu’il ne soit trop tard, même si pour elle, cela était dores et déjà le cas ...

- Ouvrez !

Vociféra une voix s’élevant, sentencieuse et immémoriale. On ne bouscule pas l’ordre naturel des choses, et pourtant malgré la pression de l’ordre, aucun mouvement n’imprégnait le corps de la jeune femme ...
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeJeu 23 Juil - 22:43

La fluctuation mystique fut surprise à choir avec lenteur, menant une valse au rythme léthargique, comme un oiseau tombant des cieux en une décadence circulaire, faisant intrusion sur la surface d'une eau à la fois obscure et translucide dans une caresse illusoire. Le halo nitescent qui nimbait jusqu'alors son être se dilua dans l'atmosphère, s'éteignant comme une bougie éphémère qui se perd dans la nuit et y disparaît, engloutie par les ténèbres qui s'y tapissent, silencieuses prédatrices. Son aura, à l'instar de la flamme fragile susvisée, disparut dans ses viscères une fois chacun des échantillons d'occultisme mené à bien avec un édifiant brio. Si les lames étaient autrefois sa carte maîtresse, les envoûtements qu'il cachait dans ses manches comme autant d'autres n'étaient pas en reste le moins du monde. Bien que diffus en temps normal, le panache lui étant injecté lorsqu'il se faisait violence ne se trouve être qu'un filtre révélateur de sa véridique envergure, de la grandeur d'âme le définissant, de l'étoffe dont il est fait. Quoi de plus évocateur de la noblesse guerrière qu'il porte, bienfaisant stigmate fondu en lui pour l'éternité à venir.

Souvent, il fut assimilé à une lance ; tranchant, à la surprenante portée lui permettant d'être en première ligne lorsque sang devait être versée, parfois lancé pour briser toute garde, désarmant et déchirant les chairs de son fer, lardant les corps... Or, ce n'est que lorsqu'il adopte la position de bouclier que son exacte valeur se targue en toute spontanéité, alors que lui-même ne pouvait encore présager cette divergence d'optique, s'étant toujours fié à cet avis premier correspondant merveilleusement à sa vocation de damné faucheur. La façon dont l'intrus dans leur idyllique tableau avait été éconduit n'était que l'ordalie de leur exonération de toute violation de cette intimité novatrice. Nul ne se verrait accorder de leur porter préjudice ou de leur faire essuyer quelque diatribe. Que tous changent de cible, car leur porter atteinte est impossible. Embusquée au sein de la cuirasse de ses bras, elle siégeait tel un ange descendu des hautes plaines de l'Olympe... Fut-il si méritant qu'il se serait vu octroyer le privilège d'élever les doigts à une telle hauteur qu'il en obtienne le droit d'emmener une citoyenne de ces contrées paradisiaques ?

Privé de parole face au trouble que lui intimait cet attrayant aléa du hasard, il ne trouva pour tout don à lui dédier que ce sourire duquel transpirait son mésaise, captif de cette scène difficultueuse. D'une exceptionnelle fougue, la vigueur de l'éphèbe n'était que plus singulière, même si afficher cette déroutante performance ne concordait point avec son habituelle discrétion, enfreinte pour les seuls aguichants iris de cette séraphique apparition qu'il n'aurait pour rien au monde eu le vœu d'éloigner de cette étreinte empotée. Le flamboiement de sa face, d'une chance insolente, fut promptement dissimulé par la capuche, le couvre-chef lui retombant sur les traits des suites de cette envolée rocambolesque à laquelle l'intrus les avait contraint pendant qu'il se faisait expulser de leur Éden d'une heure avec perte et fracas. Nul naufragé n'était permis dans cet utopique jardin qu'ils s'étaient dessinés dans cette opaline clinique, occupée par les foules massées de médecins et de patients en tous genres.

Toutefois, malgré cet incessant fourmillement, les couloirs grouillant de ces incalculables vitalités, leur solitude était une conviction ; nul vacarme ne troublait l'accolade dans laquelle ils s'étaient vus précipités par une réjouissante inadvertance. Les prémices de la restauration sonore s'exercèrent par les paroles de gratitude de la captive de ses pattes fluettes, suscitant un acquiescement aussi vacillant que succinct sous l'égide de ses perturbations intrinsèques, symbole de son acceptation de ce propos fugitif.

-°o' Vous plier à cette reconnaissance n'était nullement nécessaire... 'o°-

Épris d'un langoureux frisson lorsque la frimousse de la belle joignit son cou, héraut d'un contact attendri, il ne put que sentir cette foudroyante sensation dévaler son enveloppe charnelle, telle une bénédiction féérique sublimant son être de mille feux enchantés. Le séraphin se sentait flamboyer, magnétisé par la scintillation romanesque qu'il apprivoisait laborieusement, détenu par sa magistrale fascination de même que les charmantes prunelles de sa compagne happaient son âme tel un doux baiser abandonné à même celle-ci. Nonobstant toute retenue, l'androgyne se laissa mener sur le sinueux sentier de cet éveil. Et en un souffle exaltant, leurs lippes se flattèrent et se charmèrent en une étourdissante jonction. À la navrante rupture de cette extravagance, son index vint se poser sur les siennes en une incitation enfantine au silence devant les réclamations vociférées depuis l'extérieur de leur nid douillet.

Revitalisé par cet échange pétri de poésie, ses pieds se posèrent sur le sol parsemé de griffures sous le déplacement véhément de la couche et s'évapora, emportant avec lui une fort plaisante passagère. Alors que la porte s'ouvrait sous l'insistante hargne des trouble-fêtes, c'est une pièce évidée qui s'offrit à leurs optiques ébahies, une fenêtre aux rideaux s'égayant d'après les instructions venteuses. En un cycle similaire, deux silhouettes se dressaient, ombres à la venue soudaine, au sommet de l'édifice de la colline aux éxécutions. Le Sôkyôku, fier monument inébranlable planté en ces terres depuis la nuit des temps à la lame gorgée de sang et d'âmes déchues, accueillait en ce captivant crépuscule deux locataires passagers, délaissés à sa cîme. Le zénith allait croissant, instillant l'encre dans le paysage à la façon d'un poison raffiné obscurcissant cette fantastique peinture. Juché sur cette coordonnée où le dérangement ne les poursuivrait point, Seigen s'accorda quelques dires.

-°o' Je viens souvent ici. Y'a personne pour me trainer dans les pieds. C'est un peu mon coin secret, mon refuge à moi. La vue est splendide. J'espère que vous apprécierez la vue tout autant que moi... N'est-ce pas, quatrième siège ?'o°-

Après cette politesse taquine faisant office de masque pour son embarras, l'éphèbe s'agita, n'ayant guère l'intention de rester assis sur la structure rouge de cet emblème macabre. Se dressant en une parfaite verticalité, garante de son équilibre sur l'étroitesse de la poutre, il esquissa quelques pas dignes d'anxiété, les bras écartés dans une perpendicularité totale, les zéphyrs à l'agonie pourfendant les premières ombres nocturnes pour gonfler et remuer les pans anthracites de ma tenue.
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeMar 11 Aoû - 16:01

Toi qui fus sensible à ma peine ...


Distorsion involontaire de l’univers, alors que leurs lippes s’abandonnaient étourdies et alanguies, le regard nuageux du quatrième siège s’illumina d’un ciel étoilé. Les vociférations extérieures au cocon improvisé s’accentuèrent, sonnant le glas de la belle tranquillité, et le départ pour une nouvelle destination. Fuyant, venteux et légers par la fenêtre jadis obstruée de rideaux dépareillés, les deux protagonistes incombèrent leur présence au sommet même du Sôkyôku ... interdite, chamboulée par la beauté et l’éclat de l’instant, Myria s’enferma dans un mutisme maladroit, candide et gêné telle un enfant ayant commis une faute peu grave mais méritant une mauvaise correction. Alors que le vent semblait caresser sa chevelure, incitant le martèlement de son organe de vie à baisser la mesure de son concerto, la voix de son vis-à-vis attira son attention ...

Élevant gracieusement son bras droit en un arc majestueux sur le côté de son être, la jeune femme effleura le zéphyr de sa douce main, où l’on pouvait remarquer une bague fine portée à son pouce, anneau excentré comme coupé en son cycle, dont les « extrémités » se chevauchaient légèrement ... ouvrage doté d’or et d’argent. Hors de la conscience et du temps, son autre bras semblait dormir à son côté, comme porté par l’élan de son frêle mouvement. Tout n’était que nectar de vie, hydromel d’instant inoubliable gravé dans l’air comme dans les mémoires de ces deux colombes sombrent vêtues, avides de liberté et de souplesse. Un fin sourire irradiait les traits de la Shinigamie, une expression de tranquillité maculant son visage, elle laissa aller sa réponse entre ses lèvres en guise d’accompagnement ...

~ Ce lieu reflète autant la puissance que la grâce, la liberté de ce paysage s’offrant au cœur comme l’enchaînement de ce que l’on y fait ... il est une contradiction à lui seul. Emblème et épitaphe ... Sôkyôku inspire la crainte et le respect depuis des millénaires. C’est un honneur et une joie sincère d’avoir été menée sur sa structure par vos soins. ~

S’avançant dans le sillage de l’ange ténébreux, le quatrième siège releva légèrement le menton et le buste, enjoignant ses bras à toucher la perpendiculaire à l’instar de son homologue masculin. Féline et sûre de ses gestes elle s’insinua sur la poutrelle macabre, apposant ses pas dans le souvenir de son prédécesseur immédiat. Distante de son soigneur de moins d’un mètre, la belle s’immobilisa le regard fixe sur l’horizon visible par dessus l’épaule de son confrère Shinigami ... Tels deux croix humaines érigées au sommet d’une tour mortuaire, ces deux âmes semblaient battre à l’unisson, comme si en ne s’avançant que quelque peu, la jeune femme eut pu transcender au travers de son corps afin de ne faire plus qu’un avec l’ange de la mort ...


... Rassemble au creux de tes mains les éclats de mon âme



Le zéphyr s’intensifiait peu à peu, comme orchestré par le crépitement céleste, crescendo de parfums et de sensations gonflant les pans de leurs sombres effets. De ça de là, tintaient clochettes et carillons suspendues aux balcons et fenêtres, Glockenspiel de bonheur carnaval de ressentis, florilège tactile ... ce sublime tableau possédait une peinture rugueuse et palpable, matière à songes et à épanouissement, tissus parfait que l’on touche directement avec son cœur. La chevelure mordorée de Myria virevoltant au gré des tourbillons invisibles, elle s’avança jusqu’à ce que sa taille effleure le bassin de son vis-à-vis, que sa poitrine en fête se blottisse contre son dos raisonnablement bâti ... alors seulement, elle laissa ses mains pivoter sur elles mêmes, paumes vers le ciel et les avança de façon fluide, apposant leur fraîcheur contre celles de son homologue ...

Arquant à peine le cou vers l’avant, Kerayji put enfin asseoir fébrilement son menton à la jonction de l’épaule et de la nuque du jeune homme. S’enivrant de son parfum encore méconnu de ses bronches, femme enfant voguant au gré des courant de son existence, ses prunelles ancrées dans le paysage elle susurra juste assez fortement pour que cela soit audible ...

~ Ici ce n’est plus le cœur qui palpite ... mais l’âme entière qui s’éveille et caresse toute chose se trouvant autour d’elle et méritant les bonnes grâces de son jugement ... ~

Jamais elle le savait, elle ne pourrait prononcer les mots du cœur dont elle ignorait encore la signification, mais pourquoi fuir lorsque l’évidence s’imposait à son être ? Ce chaud sentiment n'illuminait que peu, mais sa lumière restait pure, alors jamais n’aurait-elle osé la gâcher. L’ennui de l’uniformité n’avait pas de sens en ces lieux, la passion qui s’éveillait par delà le sommet du Seireitei , future étoile éclatante et alliage indestructible parviendrait sans nul doute, aucun, à surpasser la force de la mort et les médisances des âges ... quoi qu’il advienne.


... Afin qu’ils irradient de leur splendeur l’amour éternel que je te porte.
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MessageSujet: Re: Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA]   Adieu Kataomoi ... [ Pv Seigen - BTLFA] Icon_minitimeVen 14 Aoû - 17:38

Potentiel infini... Horizon qui ne l'est pas moins...

Le vent en poupe, gonflant la voile de ses habits bien trop ample, s'infiltre au contact de chaque pore de cette peau de pêche brillant par sa clarté d'albâtre, plus pure qu'elle n'apparait maladive... Quelles terres avait survolé cette brise silencieuse ? Avait-elle conquis les landes ? Les verts pâturages comme les terres les plus désolées en passant par les aridités désertiques ? Les alizés charmant son épiderme voyaient-ils le jour sur les contrées terrestres pour s'élever jusqu'à cette antre mystique, ce refuge des hères à l'essence égarée dans la voûte céleste d'un monde n'ayant plus rien d'autre à leur offrir qu'un pénible oubli, nourrissant les disparus de cette navrante détresse qu'est la perdition, lente décrépitude, souffle candide à la fin de l'homme... Milles aubes semblaient resplendir au cœur de ces flux alors que pourtant c'était un ravissement crépusculaire qui berçait leurs êtres de ses luminescences embrasées, peignant sur la toile du monde l'enfer idyllique de cette harmonie des teintes trop enivrante que pour se disculper de malignité. Nous sommes ombre et poussière... Ombre maintenant et poussière bientôt, à nouveau...

Les valses taquines du clair-obscur enrichissaient étoffes et visages, remparts de toiles et chairs mises à nu, dardant dans les prunelles aux foudroyantes couleurs émerveillées par leur propres abysses, hérauts du couchant et de l'avènement nocturne... La célébration du zénith, l'ascension de la sorgue, et la traverse fanatique de ces deux traitres amants imbibaient la peinture d'énigmes délétères qui pourtant buvaient les âmes jusqu'à la lie, les engouffrant dans la reposante pénombre du linceul impavide prêt à obscurcir la scène de ses pans sans accrocs... Alors que les crocs acérés de la sombreur effervescente rongeaient leurs silhouettes embusquées sur cet auguste socle, gardien du secret de leur gite, l'ange avançait ses pas en une totale confiance, loin d'être happé par les vicieuses tentations du vide s'égayant sous ses pas, seul le frêle esquif de son sentier à la hauteur du triomphe de cette marche au sommet de cet Olympe gagné par le fléau des guerres, dépouillé de son statut d'Éden utopiste pour en venir à la régence des lames effilées, sans autre éclat que leur argent terni par l'hémoglobine qu'elles convoitent dans une incessante quête d'un armistice depuis fort longtemps banni des pensées de par sa risible invraisemblance.

-°o' Ici est la fin de tout. Le sanctuaire des âmes corrompues, la chaîne des cicatrices, l'onde mortifère, le prêcheur de la déchéance. Cette lame purifie jusqu'à l'âme en brûlant celle-ci pour toute rédemption... Une exécution caniculaire dans un concert de crépitements, avec pour ultime vision celle de l'emblème de la renaissance, l'oiseau de feu, le phénix et ses rougeurs chaleureuses de laquelle seuls les justes ne se consument point. Voilà tout ce qu'on en dit... La rumeur du vent perdure à son sujet depuis la nuit des temps, m'est avis. Toutefois, peut-on réellement déterminer que sa vindicte soit exacte...? C'est bien de la sorte que nous, membres de la division du renoncule, avons été nommés au maintien de l'ordre établi... Watashitachi ga seigi da. 'o°-

Monopolisé par la tenue de son cap lors de sa procession parmi les ombres, l'éphèbe se complait entre silence et solitude, porté par ces compagnes de chaque jour. Mais aujourd'hui les adieux pointent de même que l'étoile nitescente qui baigne de sa promesse immaculée les terres sur lesquelles le règne de sa bienveillance s'ébat. Car en ce saint jour les poignes glacées de ces promises lancinantes qui transissaient son individu volent en éclats comme les copeaux de glace auquel s'assimile leur contact, égrené par la passion encore jeune exsudant des doigts de la muse venue à sa rencontre, cheminant en toute prudence sur le sentier ceint de ronce de son être de même que ses pas rompirent la distance vacillante entre leurs organes de vie battant à tout rompre, hurlant au besoin inconditionnel de leur tendre réunion. La chaleur de l'étreinte surclassa celle du champ de bataille dont le feu vengeur rongeait encore ses viscères bien souvent lacérées par les fers assassins des antagonistes.

Amour... Affection... Intimité... Tant de notions évadées de son esprit alors que détermination et bellicisme le naufrageaient sur une soif insatiable de sang. Éduqué pour verser celui-ci jusqu'à en rougir la terre si l'exigeait de clairsemer les rangs adverses, cette culture barbare était en passe de choir dans une léthargie bien méritée après moults siècles en activité, bercée par la mélopée nocturne d'une osmose en pleine édification, mais peut-être cette naissance encore vulnérable ne faisait que couronner la beauté de cette proximité fusionnelle... Ce contact, ces gestes... Devraient-ils lui être familiers ? Avait-il déjà connu les joies du cœur et de ses vertus anoblies ? Point du tout, voué qu'il était à dédier son existence à la pointe de sa lance jusqu'à ce qu'elle devienne ironiquement instrument de sa propre mort, instigatrice de sa perte et de son égarement en ce saint domaine.

Séparément, ils étaient incomplets. Fragments brisés d'un même tout, esquilles de la vie, ce fabuleux sentiment qui nous transcende, nous porte et nous appelle au-delà des lointains reliefs. Deux faces d'une même pièce, facettes divergentes d'un ensemble aux ambitions de bris du verre retenant la synchronisation de leurs pulsations cardiaques effrénées, chacun insinuant l'éveil de son vis-à-vis. Piégé dans les rouages du mécanisme de ce sang en train de pulser de fascination, son individu prit place auprès de celui de la belle, hypnotisme des sens. La cime de ses doigts tira profit des interstices séparant ceux de la nymphe, afin de nouer ces paumes en quête assidue de l'autre, aussi bien que chaque bribe du corps meurtri par les joutes incessantes franchies par le lancier, à la recherche de ces sensations nouvelles fredonnant en lui la mélodie de la clémence, d'un avenir placé sous le signe de la bienveillance. Car le lendemain n'est autre que la continuité de cette union. Vivez.

-°o' Cette propagation, ce besoin d'acquisition, permet-il à votre âme de discerner ce qui me nimbe à vôtre égard, ô reine de ce crépuscule qui éclot au loin ? Laissons les ailes de la félicité être notre salut sous ce ciel qui déjà s'illumine de ses parures étincelantes, assoupie aux tréfonds des noirceurs... 'o°-

Volte-face. Prestement, la main joint le creux des reins de la belle pour n'amoindrir en rien la constance de leur toucher, l'entente et la chaleur des respirations, la douceur des peaux. Les prunelles se croisent, s'illuminent, pour finir par se flatter et se charmer d'une commune envie, baignées de la limpidité d'une bienfaisante romance. Les lèvres reprennent ce rendez-vous tant attendu, jointes avec une fougue mesurée, et les corps basculent dans la vacuité. Nul doute que cette chute volontairement partagée n'avait point de péril, si ce n'est de se retrouver subjugué par la beauté des coloris défilant promptement sous les mirettes des tourtereaux, entravées à ces extravagantes visions. Sans un bruit, le passage s'évanouit et c'est au bord d'un tout autre déclin que leurs spectres se retrouvent, leur trône terrestre revendiquant sa domination au sommet de l'étendue sylvestre qui prospère au pied de la colline des derniers instants de bien des condamnés, les beautés de mère Nature faisant offrande de ses grandeurs inavouées. Ce n'est qu'une fois assis en ce lieu, dans la quiétude de leurs seuls battements, que se rompt le baiser de cette éblouissante dégringolade.

-°o' Peu discernent la réelle sublimité de ce luxuriant spectacle, falaise allant de pair avec tombeau... Il est vrai qu'en dépit de nos facultés, tous n'ont pas les habiletés adéquates pour parer à pareil plongeon sans y laisser des plumes. Même notre siège pourrait fort bien connaître la ruine sous notre lest... Mais la touche enflammée du risque n'est-elle point la meilleure des épices ? Quoi qu'il en soit, je m'y risque volontiers pour pareille perspective... 'o°-

____________________________________________________________________
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{ Watashitachi ga seigi da signifie « nous sommes la justice ». }
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